Il est 23 h 12. Je suis allongé sur le dos, les bras le long du corps, et je compte. Pas des moutons : des gestes. Dix, précis, dans un ordre qui ne change jamais. Au bout de quatre soirs, je m’endormais avant le septième. Je ne vous vends rien, j’ai juste mesuré ce qui marchait sur moi.
Cette méthode, je l’ai bricolée en lisant un peu partout, dont un article assez détaillé sur jecustomize.fr qui décortiquait le rituel du coucher comme une suite de petites actions plutôt qu’un grand effort de volonté. Le blog parle de plein de choses, mais ce jour-là il tombait juste. Dix gestes le soir, un geste le matin. Rien de plus.
Pourquoi compter change tout
Un rituel qu’on ne compte pas se dilue. On commence par la respiration, on dérive vers les mails, on finit par se relever pour un verre d’eau. Compter à voix basse, ou dans sa tête quand le conjoint dort déjà, fixe une frontière. Dix, c’est assez court pour ne pas paraître une corvée.
J’ai testé quinze gestes pendant deux semaines. Abandon au bout de cinq jours.

Les dix gestes du soir, dans mon ordre
Je les livre en vrac, à vous de les réordonner. Vider les poches sur une assiette près de la porte. Éteindre les écrans vingt minutes avant. Baisser une seule lampe, pas toutes. Poser les pieds au sol et souffler cinq fois lentement, expiration plus longue que l’inspiration. Étirer la nuque vers la droite, puis vers la gauche. Masser le point entre les sourcils avec le pouce. S’asseoir sur le bord du lit et relâcher les épaules en les laissant tomber d’un coup.
- Se coucher toujours du même côté
- Un verre d’eau, pas deux, et avant le brossage
- Nommer à voix haute la chose qui a agacé la journée — une seule, la plus grosse
- Éteindre complètement, pas de veilleuse
Ça fait dix. Le compte y est si on accepte de ranger le téléphone dans le tiroir de la cuisine, ce qui m’a coûté trois soirs d’énervement avant de devenir une habitude banale.
Le matin, un seul geste
Là où ça se complique, c’est au réveil. J’ai longtemps cru qu’il fallait en faire plus le matin pour compenser une nuit moyenne. Faux, dans mon cas. Un geste suffit, mais il doit être le même chaque jour et il doit se faire debout, avant le café.
Au fil des joursDormir en voyage : le rituel des dix minutes qui change toutLe mien : poser la main droite à plat sur le sternum, la gauche sur le ventre, et rester ainsi le temps de dix respirations, pieds nus sur le carrelage froid. C’est tout. Ça remet le corps d’aplomb, disons, ça le recolle. Les tenants du travail sur les chakras parlent de remettre le centre en place ; je ne sais pas si c’est exactement ça, mais l’effet sur mon dos est réel depuis mars.
J’ai chronométré par curiosité. Quatre-vingt-dix secondes en moyenne. Certains matins, deux minutes quand je suis mal réveillé.
Ce que j’ai observé en six semaines
Un carnet, un stylo, et une question chaque matin : endormi en combien de temps ? Sur les dix premiers jours, moyenne autour de vingt-cinq minutes. Sur les dix derniers, onze minutes. Je n’ai rien changé d’autre — même heure de coucher à peu près, même literie, même niveau de stress professionnel.
Le vrai gain n’est pourtant pas là. Il est dans le réveil. Je me lève sans cette sensation de sable dans les yeux, et surtout je n’ai plus ce moment de flottement où on cherche où on est. Le geste du matin y est pour beaucoup, j’en suis convaincu, même si je ne peux pas le prouver.
Si vous voulez essayer
Ne prenez pas mes dix gestes. Prenez-en trois, les plus faciles pour vous, et comptez-les pendant une semaine. Ajoutez-en un par semaine, pas plus. Le rythme importe davantage que la liste.
Au fil des joursLe sommeil des grands jours : ce que dix minutes le soir changent avant un mariage face à la merEt le matin, choisissez un geste que vous pouvez faire les yeux à moitié fermés, parce que c’est exactement dans cet état que vous le ferez. Un étirement, une pression, une respiration comptée, peu importe, du moment que le corps se rappelle chaque jour où est le haut et où est le bas.
Le reste, honnêtement, vient tout seul.




